Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 17:20

AUGIER (1), BOURGEON (1), BRUSSON (2), CARLOT (5), CHANUT (1), DUVERNEAU (1), GAUGY (4), GAY (2), GILLES (2), GUICHARD (4), GUYONNET (1), LACHAUX (1), LAURENT (1), MARCEAU (1), MARCHANT (1), MATHEY (3), MICHELIN (9), MONIN (4), MORAIN (1), PAVOUX (1), PIPONNIER (1), PONSARD (5), RAVAT (21), ROYER (1)),
B audrières, petit village de campagne, est situé au sud de la Bourgogne, au centre du triangle Chalon-sur-Saône / Louhans / Tournus. La population est en légère augmentation : de 778 habitants dans les années 1980, elle passe à 818 habitants au dernier recensement de 1999. Elle est répartie sur tout le territoire de la commune, à savoir au bourg et sur sept hameaux

     
     
   
 
     
 



La première fois que l'on parle du Diable de SAUGY, c'est dans un long
article du Courrier de Saône et Loire publié le 5 Décembre 1878 et qui, sous le titre  « un lit ensorcelé » donne la première version des faits en ces termes : «  La scène se passe à BAUDRIERES, canton de SENNECEY LE GRAND » .
 
Vous ne voudrez jamais croire ce que je vais vous raconter et cependant je n'invente rien. De SIMANDRE à ST GERMAIN DU PLAIN, D'ORMES à La FRETTE, il n'est bruit que de cela.
C'est une chose de formidable, de fantastique, de diabolique qui terrifie depuis plus de quinze jours le hameau de SAUGY et la commune de BAUDRIERES.
 
En deux mots, voici la chose : le Diable fait des apparitions nocturnes dans la ferme de Monsieur NIVET de TOURNUS, qui est exploitée par le sieur MAZUE. Vous me direz qu'au XIX ème, le Diable n'a pas besoin de se donner tant de mal pour peupler son royaume et cependant, quel autre que le Diable pourrait jouer aux habitants de SAUGY les tours pendables que vous aller apprendre ?
 
Dans l'écurie de la ferme est un lit où couchent les deux domestiques . Or dans la nuit, tantôt vers onze heures, tantôt plus tard, on commence à entendre un léger grattement au pied du mur sous le lit ; puis le bruit s'amplifie, s'accentue et devient semblable au roulement de tambour ; on dirait une marche guerrière jouée par quelques tambours de l'ex garde nationale. C'est le moment de l'action : les draps se mettent en mouvement  par saccades violentes et les habitants  du lit reçoivent des coups appliqués par une main invisible, mais qui, paraît-il, frappe consciencieusement . Des lueurs phosphorescentes même, des étincelles bleuâtres annoncent la fin de cette scène qui dure environ une heure.
 
Ainsi s'exprimait le chroniqueur du Courrier , il a tout juste cent ans. Il rapportait aussi que des commères persuadèrent une femme de la ferme qu'un sort avait été jeté et que pour en connaître l'auteur il fallait faire bouillir une marmite de clous pendant une journée : la première personne qui soulèverait le couvercle pendant ce temps serait le sorcier.
 
Ce fut un jeune homme habitué de la ferme qui eut, vers les neufs heures du soir l'idée de regarder ce qui cuisait . On se jeta sur lui, à coups de balais, on le força à réciter des « Avé Maria »  et on le chassa de la ferme. Mais il est bien évident que ce malheureux jeune homme n'était pour rien dans l'histoire et le Diable continua à faire des siennes.
 
Les domestiques qui étaient malmenés toutes les nuits désertèrent leur lit commun installé dans l'écurie . Ils cherchèrent à savoir par des garçons du village ce qui se passait dans leur « chambre ». Mais tous ceux qui pénétrait la nuit recevait des gifles. Quatre jeunes  gens s 'étaient installés sur le lit : à onze heures précises, ils furent violemment secoués et l'Esprit lança des gerbes d'étincelles qui provoquèrent le sauve qui peut général. C'est alors que l'imagination dépassa la réalité et l'on commença à parler de sabbat, de Diable et du sort jeté sur la ferme.
 
Un ex caporal de la garde nationale annonça qu'il irait bivouaquer sur la place le 13 Décembre : trois « vieilles moustaches de Bey » se disent prêts à expulser le Diable :
« Nous rentrerons vainqueur ou nous ne rentrerons pas » concluait l'auteur de la lettre qui signait Mathurin, ex sapeur pompier . En plus, le diable de SAUGY faisait des émules et l'on le retrouvait à GIGNY et même à MONTCEAU Les MINES ou il oblige certains locataire à quitter leur appartement.
 
Depuis le 13 Décembre, le Diable vient faire des siennes dans l'habitation centrale où il vient renverser le marmite de gaude qui est sur le feu. Le 24 Janvier, il est revenu dans l'huteau, mais cette fois, il s'est contenté de faire du bruit sans rien renverser.
 
Le 21 Février 1879, un second article du courrier annonce que le Diable a quitté SAUGUY avec armes et bagages.
 
Mais que s'est-il donc passé dans la ferme des MAZUE ?
 
Mr PERNATON propriétaire de la ferme, se souvient d'avoir relu le bail, attaché au bâtiment : or ce bail stipulait que les fermiers étaient en devoir d'accueillir les familles de nomades  qui traversaient le pays. Et cette précision confirme l'hypothèse la plus souvent retenue pour expliquer les évènements ; à savoir que deux familles nomades s 'étaient présentées en même temps à la ferme et que les MAZUE auraient dû faire un choix et que la famille évincée et mécontente aurait décidée de se venger en effrayant les gens de la ferme.
 
Mr GONNET cite même des noms : il parle de la famille SAINTO ou SAITO, composée du grand-père, du père de la mère, de trois filles et de deux garçons, l'un prénommé « Jacquot » et l'autre surnommé « le Mousse ». Ce serait ce dernier qui aurait joué le rôle du diable en se cachant dans le foin, au dessus des écuries ; et c'était une bonne cachette, car avec la neige, il était indispensable de vider le foineau dehors pour faire des fouilles et il était encore impensable de monter avec une lampe  à huile pour essayer d'y voir quelque chose.
 
Cependant, à une date que personne ne précise, les gendarmes seraient montés dans le foineau avec des sabres et des piques pour sonder le foin.
Le lendemain, on aurait trouvé du sang près de la ferme. Le Diable de SAUGY aurait été piqué par le sabre d'un gendarme et se serait sauvé.
 
Telle est l'histoire du Diable de SAUGY que l'on raconte de bouche de Bressan que l'on dit aux petits enfants qui ne sont pas sage pour les effrayer.
 


Extrait de «  LA GAZETTE DE BAUDIERES »  n° 10 Décembre 1987
Article de Carole ANCEL, Cécilia DESROCHES, Didier et Marie Laure ZANETTE

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : humeurs et passions
  •   humeurs et passions
  • : coups de coeur, coups de gueule, coups de blues
  • Contact

Recherche

Articles Récents