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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 10:18

BAUDIN (1), DESAUGERES (2), PERCHE (2), POTHON (1), PROST (1), TRAYANT (1),

Fautrières, Faltrerioe, situé à l’Ouest, sur un coteau, entre l’Oudrache et la Bourbince, autrefois commune, a été réuni à Palinges par ordonnance du 5 février 1823. Ce village a donné son nom à des seigneurs connus dès le XIeme siècle, Palinges, Palingioe, dépendait autrefois du bailliage et de la recette de Charolles, de la baronie de Digoine, de l’ancien diocèse d’Autun et de l’archiprêtré de Perrecy-les-Forges.



Naissance du Bourg de Palinges
 

 

 

Extrait du bulletin "des amis du passé" N° 22 de Février 1995


 

 

Pour trouver l'origine de Palinges, il faut obligatoirement passer par Digoine.

 

Digoine, première baronnie du Comté du Charolais (1272) étendait depuis le VIIIème siècle la domination et la protection de ses seigneurs sur un vaste territoire (75 fiefs).

 

Au centre de ce domaine, se trouve un plateau dominant à 272 mètres la vallée de la Bourbince (250 m) qui s'étalait en contrebas sur une largeur allant parfois à une centaine de mètres et formait des marécages une bonne partie de l'année. Ce lieu-dit "les Grands Marécages" en latin : "Palus Engens" donna certainement son nom à Palinges.

 

A la fin du IXème, les moines de l'abbaye de Fleury (Saint Benoît sur Loire), installés à Perrecy les Forges, bâtirent à Fautrières -qui leur appartenait-, une église dont nous possédons des vestiges au musée. Ces moines édifièrent à la même époque une chapelle sur le plateau de Palinges.

 

Les seigneurs de Digoine qui avaient, par leurs donations, contribué à la construction de l'église de Paray le Monial, dotèrent leur domaine d'une église digne d'eux et firent construire en lieu et place du petit oratoire la première église de Palinges (   -XIIéme). Ils assurèrent la présence de religieux à proximité.

 

L'exposition est-ouest, ouverture au couchant, dominant la vallée est caractéristique des églises romanes d'inspiration clunysienne.

 

Le chevet témoigne de son appartenance, il est encore celui que nous connaissons. Par contre la nef était de très petite dimension (12m sur 6) mais sans doute suffisante pour accueillir les quelques fidèles composant la population d'alos, éloignée di chateau-fort de Digoine seul refuge en cette période d'insécurité constante.

 

Dans le texte de 1238, par lequel Guillaume de Digoine accorda la franchise aux gens du village de Digoine, Palinges n'apparaît pas.

 

La première trace de la paroisse de Palinges se trouve dans la première "cherche de feux" du Charolais qui date de 1397. La paroisse de Palinges groupe les villages de : Beauregard - Digoine - Aubseigne - Le Thielay - Varenne - Morigny - Palinges - Le Montet - Le Voisinard - et compte 103 feux soit environ 320 habitants.

 

Monsieur le Curé Barnaud (1871), décrit la vieille cloche du clocher et détaille l'inscription qu'elle portait datée de 1432.

 

Palinges fut plusieurs fois -1433 -1438 -1444 investi par les terribles bandes des routiers et écorcheurs qui pillèrent les quelques habitants, l'église et firent subir les pires sévices à ses occupants.

 

Le premier prêtre dont nous trouvons trace fut Monsieur le Curé Allaison. En 1479 un acte fut passé entre le seigneur de Digoine et Monsieur le Curé Allaison.

 

Les moines habitaient près de l'église comme le confirment des traces trouvées dans le bâtiment où ils résidaient (Curé Barnaud. dixit).

 

Il semble que dès la fin du XIV ème siècle, quelques maisons se soient construite autour de l'église.

 

en 1481, Chrétien de Digoine est le dernier de la branche ainée des Digoine. Il meurt décapité pour être resté fidèle à son suzerain le Duc de Bourgogne, Comte du Charolais, Charles le Téméraire. Les armoiries des Digoine à la branche cadette : Digoine du Palais.

 

La baronnie et le titre de baron passe alors à Jean Damas qui avait épousé la fille de Chrétien. Il fit construire dans l'église prieurale de Paray la chapelle de droite, Chapelle funéraire des Digoine, en style gothique.

 

Il fit agrandir l'église de Palinges en adjoignant à chaque côté du chevet roman une chapelle également gothique ; agrandissement devenu obligatoire par l'accroissement de la population de la paroisse depuis la construction de l'église.

 

C'est à cette époque que fut construit le pavillon de Digoine, destiné à recevoir les Seigneurs de Digoine lors de leur passage à Palinges.  Ce pavillon était relié à la demeure des moines par un sousterrain.

 

L'origine de la structure du bourg de Palinges date de cette époque.

 

Le Comté du Charolais récupéré par Louis XI à la mort de Charles le Téméraire (1477) fut alors constamment échangé entre la France et l'Autriche lors des différents et des Guerres qui les opposèrent de 1499 à 1550 puis avec l'Espagne. Il faut attendre 1761 (Louis XV) pour que le Charolais et donc Palinges entre définitivement dans le domaine de France.

 

Les années 1570-1600 semblent avoir été une période très difficile pour Palinges.

 

Nouvelle invasion due aux guerres de religion, les troupes huguenotes investissent Palinges et dévastèrent son église. Maladie et famine firent disparaître un grand nombre de ses habitants.

en 1598, une cherche de feux révèle que depuis 1577, 49 feux se sont éteintd, (maisons abandonnées) et que le nombre de feux est passé de 129 à 80.

 

En 1609, le seigneur de Digoine, Théophile, fonde un couvent dans l'enceinte fortifiée du château. -Ordre de Saint François, dit de Picpus-  Les religieux disent les offices dans la chapelle de Digoine mais sont également chargée de la desserte des paroisses de Palinges et de Fautrières.

 

A Palinges, ils résident dans le bâtiment jouxtant le pavillon de digoine.

 

 

Digoine exploite à proximité deux fermes:

- l'une à l'est du bourg, attenant au bâtiment des moines.

- l'autre à l'ouest, face à la place de l'entrée de l'église.

 

Un chemin venant de Chavanne, passe au nord du pavillon de Digoine et longe le cimetière et l'église. Il conduit à la rivière que l'on franchit à gué ; ce chemin mène à Fautrières, paroisse distincte, à l'ouest.

 

Aucun pont n'existait, on passe la Bourbince à gué au Montet, aux Sauges, à Palinges, à Corbany.... à Digoine.

 

Une petite ruelle existe au sud qui relie les deux domaines. Sur cette ruelle quelques artisans installeront leur échoppe, tournant le dos au cimetière et à l'église (cabaretier - tisserand- charron - sabotier) et constitueront les premiers éléments du bourg de Palinges.

 

La lignée des Damas-Digoine s'éteint en 1673 avec Claude Damas. Son héritie, -fils de sa deuxième épouse- François de Bays-Damas vend à la maison de Reclesnes qui prend possession du domaine de Digoine vers 1690 et acquère la baronnie par un décret royal de 1706.

 

En 1709, Eléonore de Reclesnes entreprend la construction d'un château pour remplacer la vieille forteresse très endommagée. Seront conservées deux tours et la partie nord avec muraille et crènaux.

 

En 1713, Madame de la Coste, née Reclesnes, confie à l'archtecte Edme Verniquet, l'édification de la façade nord, l'ancien château disparaît alors complètement. La chapelle est enclavée dans les dépendances du château dites "le Gouvernement", lieu où se tenait les assises de justice.

 

En 1760, les moines quittent leur couvent de Digoine et rejoignent leur maison de Charolles.

 

Une lettre patente de Louis XV approuve la transaction par laquelle les religieux ont remis au Comte de la Coste les bâtiments de leur couvent et leurs églises moyennant 36000 livres.

 

En 1751, une visite des feux, très détaillée, nous donne une idée de Palinges à cette époque :

 

Il est décompté 119 feux, répartis dans 9 hameaux : Palinges - Le Montet - Le Quartier - Obseigne - Le Thiellay - Digoine - Beauregard - Varenne - Morigny.

Les maisons sont construites en pierre et presque toutes couvertes à paille, un très petit nombre de tuiles.

 

Deux foires peu considérables se tiennent : l'une le 29 mars et l'autre le 11 août. On y amène peu de bétail.

 

Il est décompté 34 laboureurs, tous grangers, sauf deux qui cultivent leur propre bien.

- 12 laboureurs travaillent avec 8 boeufs chacun

- 4 avec 6 boeufs chacun

- 3 avec 2 boeufs chacun

 

Une charrue de 4 boeufs peut cultiver 10 à 12 bichetées par an, la bichetée peut produire 40 à 50 gerbes par an donnant 25 boisseaux du poids de 25 livres mesure de Paray.

 

La disme se perçoit à raison de 2 gerbes sur 27, elle appartient pour les 2/3 au seigneur et pour 1/3 au curé du lieu.

 

Le territoire ne rapporte presque que du seigle, il peut y avoir au plus 1/10 de froment.

 

Les prés situés sur les bords de la rivière sont d'assez bonne nature mais sujets aux inondations. Il y a aussi quelques prés clos dépendants des domaines, les uns et les autres servent à la nourriture des bestiaux employés à la culture. Il se fait aussi quelques nourrissages.

 

La communauté n'a ni paturage, ni bois communaux, mais seulement le droit d'envoyer les bestiaux pacager dans les bois de la seigneurie et d'y prendre "du bois mort et mort" bois pour le chauffage moyennant redevance.

 

Parmi les autres habitants on a noté : 2 notaires, 9 petits propriétaires, 5 cabaretiers, 1 chirurgien, 1 barbier, 5 tailleurs d'habits, 1 charpentier, 2 tuiliers, 1 potier de terre, 1 meunier, 1 tisserand, le reste locataires et manoeuvres parmi lesquels 8 à 10 veuvers.

 

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