Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 14:05

 

 

 

 

Une présence humaine préhistorique à Savigny n'est pas établie et semble d'ailleurs improbable ; le cadre naturel est la raison supposée : en effet, forêt et marécages rendaient la région inhospitalière. De façon générale, la mention officielle, la plus ancienne apparaît dans les écrits de César (50 avt JC). Il nomme cette région "Saltres Brixia", forêt de Bresse.

 

 

Les premiers colonisateurs gallo-romains venus de Lyon s'établissent le long de la Seille. Ils préfèrent ainsi une implantation sur les hauteurs (toutes relatives) dominant la rivière, bénéficiant alors de points de guets vitaux et d'un accès "fluvial" tout proche (le confluent avec la Saône étant à moins de 20 km). A l'époque, la Seille est longée par le " grand chemin du Sel " qui relie la vallée de la Saône à Salin-les-Bains dans le Jura. Les découvertes de vestiges (poteries, tuiles) du hameau du Thiellay à celui des Cortennes, confirment indiscutablement cette présence romaine.

Les invasions germaniques au IIIe siècle ont dévasté les constructions antiques, même si quelques villas ont été fortifiées en Bresse, donnant les prémices des premiers châteaux.

Aujourd'hui, limon et terre argileuse recouvrent ce patrimoine, le laissant endormi dans l'attente d'une hypothétique fouille archéologique.

En 954, le toponyme " Saviniacum " apparaît dans le cartulaire de l'abbaye de Saint Marcel(lès-Chalons). Le suffixe " acum ", dérivé ensuite en " y " (cf. Savigny, Huilly, Loisy, ... ) désigne l'appartenance au colonisateur ainsi pour Savigny, le dénommé Savinius. Née aux approches de l'an mille, la société féodale apparaît pendant les multiples invasions qui déferlent sur le pays. Depuis l'époque romaine, la terre appartient à de grands propriétaires qui s'érigent en protecteur de la paysannerie.

C'est ainsi que la famille De Vienne déploie son autorité sur la région de Bresse et fait édifier à Savigny, entre les années 1100 et 1200, un château au lieudit " Le Thiellay ". Construction carrée, d'environ 70 mètres de côté, dotée d'un donjon, d'un pont-levis, d'un pigeonnier, elle domine la Seille de 23 mètres environ. Il n'en subsiste aujourd'hui que quelques pans. A cette époque, les seigneurs du Thiellay et de la Michaudière dépendent de celui de Branges (comte de Savigny) qui lui-même obéit à celui de Cuisery (puissante châtellenie comptant 52 villages sous son autorité). Hugues de Vienne s'illustre notamment lors de croisades sous Saint Louis en 1270. Vers 1600, la famille De la Curne succède aux De Vienne jusqu'en 1720, date à laquelle le château est cédé à des fermiers généraux originaires de Bantanges.

Autre famille de seigneur : celle du lieu-dit de " La Michaudière ". Les descendants sont recensés comme notaires dès le XVe et maires de Louhans de 1609 à 1636. Bertrand de la Michaudière devient conseiller au Parlement de Dijon en 1710 et Claude conseiller du Parlement de Paris et chef du conseil du Prince de Condé. L'ascension de ce damier lui vaut d'ailleurs reconnaissance : une rue de Paris porte depuis son nom (bien que l'orthographe ait variée en " Michodière "). Il y a donc un peu de Savigny, sur les planches d'un théâtre parisien si célèbre...

Du domaine de la Michaudière, il ne subsiste qu'une grande ferme bressane.

LA SEILLE

  La Seille, qui épouse Savigny sur plus de 5 kilomètres, a toujours joué un rôle important dans l'existence-même du village. Ce dernier calque d'ailleurs sa disposition géographique parallèlement au lit de la rivière.

    Ses rôles ont été ou sont encore bien réels :

  • celui de frontière naturelle et administrative (séparant dans les temps anciens le Duché de Bourgogne à celui de Savoie, séparant plus tard Savigny de Rancy, Bantanges et Sornay).
  • celui de frontière "linguistique" : les patois de chaque côté diffèrent.
  • celui de ressource naturelle : en eau évidemment.
  • celui de voie de transport, de communication et d'échanges. Les précurseurs en matière d'exploitation de cette voie navigable sont sans conteste les Romains, puis, quelques siècles plus tard les abbés de Tournus et ceux de Cluny.

    En 1604, les habitants de Louhans réclament sa canalisation afin de permettre "le transport du sel, du blé, de la chaux et du bois de marine". La proposition est rejetée par opposition du baillage de Chalon. Sous Louis XVI, le projet est relancé et confié à l'ingénieur des Etats de Bourgogne : Emiland Gauthey. Les travaux débutent en 1786 avec la construction de 3 écluses (à Branges, Loisy et La Truchère) et la rectification de 8 méandres dont un à Savigny.

    Le XIXe siècle est synonyme d'essor industriel et de transport important de marchandises et de voyageurs : un service reliant Louhans à Lyon est même instauré. En 1860, 50 000 tonnes de frêt passent devant les yeux des habitants de Savigny et ... des vaches qui broutent en prairie !

    En 1912, trois ports sont créés dans notre village mais le mouvement s'essouffle avec la concurrence de la route et du rail. Seul subsistera à Savigny, un bac au Thiellay (jusqu'en 1942) et un passeur sur barque jusqu'en 1958).

    Depuis quelques années pêcheurs de silures ou de menues fritures ainsi que plaisanciers à la recherche de navigation tranquille, ont redonné à la Seille une activité humaine.

    Il n'en demeurre pas moins que le cadre de verdure et de calme de la Seille rend l'endroit attachant pour les amoureux des coins de nature reposants. Courlis, vanneaux bergeronnettes printanière et petits passeraux contribuent par leurs chants mélodieux à oublier l'agitation quotidienne…

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : humeurs et passions
  •   humeurs et passions
  • : coups de coeur, coups de gueule, coups de blues
  • Contact

Recherche

Articles Récents