Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:33

Boris Villemus, Etude des murs de soutènement en maçonnerie de pierres sèches, thèse de doctorat en génie civil présentée devant l'Institut national des sciences appliquées de Lyon, 9 mars 2004, 247 p. 


"Pour des considérations pratiques, économiques, culturelles, touristiques ou environnementales, la pierre sèche présente de nombreux avantages, surtout si les pierres sont issues de carrières locales ou trouvées in situ. Il semble donc légitime de réhabiliter cette technique ancestrale, ce qui nécessite aujourd'hui l'établissement d'une connaissance scientifique suffisante, s'appuyant sur les règles de l'art, afin de comprendre le comportement des murs de soutènement en pierres sèches, de justifier les principes constructifs (voire de les améliorer) et de proposer une méthode de dimensionnement" (p. 8) : voilà, résumés en quelques lignes, les buts que s'est fixés l'auteur de la thèse.

En d'autres termes, il s'agit d'instaurer un cadre réglementaire qui briserait les réticences de l'Etat et des collectivités locales à prescrire la restauration des soutènements anciens et la construction d'ouvrages neufs, et par la même occasion d'assurer aux praticiens professionnels de cet art en Provence et en Languedoc des débouchés dans un métier pénalisé économiquement car très exigeant en main-d'œuvre.

Ayant pour ma part œuvré depuis 1971 à la connaissance aussi bien historique que technologique des ouvrages ruraux en pierre sèche (et bien que ces efforts soient mis sous le boisseau dans la thèse de M. Villemus) (1), je ne puis qu'approuver une telle initiative et espérer qu'elle sera suivie d'effets.

DES FORMULATIONS QUI DATENT

Sans vouloir rendre compte dans le détail d'une thèse de très grande qualité et que tout spécialiste se devrait de lire, j'ai relevé un certain nombre de formulations, en particulier dans l'introduction et le 1er chapitre ("Contexte de l'étude des murs de soutènement construits en pierres sèches"), qui appellent un commentaire.

"Cette technique ancestrale"

A plusieurs reprises, la pierre sèche appliquée au soutènement est qualifiée de "technique ancestrale" (p. 8), de "savoir-faire ancestral" (2) : l'auteur veut-il dire par là que cette technique serait redevable à de très lointains et mystérieux ancêtres, perdus dans la nuit des temps ? Pourquoi affubler la pierre sèche d'un qualificatif aussi creux, qu'il ne viendrait pas à l'esprit d'appliquer à d'autres techniques de construction (charpenterie, pisé banché, maçonnerie liée, etc.) ?

Un "bâti qui véhicule des valeurs paysagères et culturelles fortes"

D'où l'auteur a-t-il tiré cette phrase – "le bâti existant véhicule des valeurs paysagères et culturelles fortes" – que n'auraient pas reniée les précieuses ridicules de Molière ? Devra-t-on dire désormais "restaurer un mur à valeur paysagère et culturelle forte" plutôt que "restaurer un mur de soutènement en pierre sèche" ?

"Pierres sèches de taille"

A la page 14, on lit que "les Romains construisaient déjà en pierres sèches, selon la technique de l'appareillage de pierres de taille, montées à sec"; de même, à la fig. I-4, il est question d'un "mur de soutènement routier calcaire en pierres sèches de taille" à Bonnieux (Vaucluse) : il y a là manifestement assimilation abusive de ce qui est à proprement parler la maçonnerie de pierres de taille, à joints vifs, à la maçonnerie à pierres sèches. Dans cette dernière, la taille des pierres est soit inexistante – on parle alors de pierres crues – soit limitée à la face en parement et aux faces en retour. Il est évident que le prix de revient n'est pas le même, non plus que le savoir-faire exigé.

Quid du dérochement ?

Si l'épierrement des champs existants est mentionné à plusieurs reprises comme étant à l'origine du matérau employé par les paysans dans leurs travaux de terrassement, il n'est nulle part question de la source principale qui est le dérochement de pentes lors de la création de parcelles enterrassées. Pourtant, Michel Rouvière, Philippe Blanchemange et d'autres ont mis en évidence ce phénomène, le seul à avoir pu produire les énormes quantités de pierres nécessaires.

LES DEVANCIERS DU 19e SIÈCLE

Ceci dit, un apport intéressant de la thèse de M. Villemus est l'évocation d'auteurs français et anglais du 19e siècle qui ont traité des principes constructifs de la pierre sèche pour le soutènement (ce qui contredit, soit dit en passant, la thèse de la "technique ancestrale") :

- Bélidor B., Les sciences des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile, Paris, C. Jombert, 1813; (3)

- Burgoyne J., Revetments or Retaining Walls, dans Corps of Royal Engineering Papers, 1853, vol. 3, pp. 154-159;

- Delaître M., Manuel de l'architecte et de l'ingénieur, Paris, 1825;

- Palonceau M., Note sur les travaux de la vicinalité, dans Annales des chemins vicinaux, 1845;

- Rondelet J., Traité théorique et pratique de l'art de bâtir, Paris, 1802-1807;

- Sganzin J.-M., Programmes ou résumés de leçons de cours de construction, Paris, 1839; (4)

- Vigouroux M., Notice sur les murs de soutènement, dans Annales des chemins vicinaux, 1889-1890, tome 42, pp. 277-288.

Il est difficile d'imaginer que ces divers ouvrages n'aient pas joué un rôle lors de cet âge d'or de la construction routière que fut le 19e siècle (lequel fut aussi le siècle de la construction de champs et de terrasses). Sans doute, en cherchant bien dans la bibliographie des écrits sur l'amélioration de l'architecture rurale au 19e siècle, trouverait-on d'autres auteurs ayant participé à la diffusion des connaissances sur les techniques de la maçonnerie sans mortier, à l'instar de H. Duvinage qui, dans son Manuel des constructions rurales, publié vers 1854, consacre deux pages aux "Murs de terrasse ou de revêtement" (5).

UN RAPPEL DES RÈGLES DE L'ART 

L'auteur a la bonne idée de faire la synthèse des dispositions constructives essentielles mises en lumière par ces devanciers. Citons :

"- Les pierres les plus grosses sont réservées pour la fondation et pour les boutisses (longues pierres disposées transversalement au mur pour le lier dans son épaisseur).

- La fondation doit être particulièrement soignée, et inclinée vers l'intérieur du massif soutenu, de la valeur du fruit du parement visible du mur.

- Les pierres sont disposées transversalement avec la queue (partie la moins large) située vers l'intérieur du massif soutenu, en prenant soin de placer régulièrement les boutisses.

- D'une couche à  l'autre, les pierres sont décalées de façon à être en contact direct entre elles. les pierres sont ensuite calées parfaitement par des coins de pierre, en sous-face et latéralement afin d'empêcher tout mouvement.

- Pour augmenter le poids volumique de la maçonnerie, il est recommandé de répandre les débris de pierres à chaque couche de pierre afin de combler une partie des vides. On peut ainsi gagner 5 à 20% sur le poids volumique du mur mais cela réduit la capacité drainante du mur.

- Le parement interne est réalisé de manière à assurer le meilleur frottement d'interface entre le mur et le remblai : ceci peut être fait en "épinglant" le remblai par des pierres du parement interne."

Certes, on ne rappellera jamais assez ces dispositions. Cependant, les spécialistes qui ne sont pas dans la mouvance du "pôle européen de la pierre sèche" du Beaucet les connaissent bien, qui les ont apprises soit par la lecture des ouvrages anglais et américains des années 1970 (Alan Brooks, F. Rainsford-Hannay, Curtis P. Fields, etc.), soit sur le terrain par l'observation des murs eux-mêmes et de leurs brèches ou par la pratique de la restauration ou de la construction. Rien de nouveau donc sous le soutènement.

C'est sur ce rappel des règles de l'art que je concluerai mon compte rendu. Si l'on fait abstraction des affirmations criticables provenant d'une non fréquentation de la bibliographie sur les constructions en pierre sèche autres que les murs de soutènement, la thèse de M. Boris Villemus est, dans son étude des contraintes auxquelles sont soumis les murs de soutènement, aussi importante que le furent en leur temps (1834) les expériences de l'Anglais Burgoyne.

(1) Sans parler du passage sous silence, dans la bibliographie (p. 201), du nom de Michel Rouvière à propos de l'ouvrage "La restauration des murs de soutènement de terrasses" commandité par le Parc National des Cévennes.

(2) Ou encore de "séculaire", ce qui revient au même.

(3) La date de 1813 est erronée, l'ouvrage étant paru en 1739.

(4) Il s'agit du cours de construction de l'Ecole polytechnique; la date de la 1re édition est 1809.

(5) Cf. dans http://www.pierreseche.com ou http://pierreseche.chez-alice.fr la page extrait_duvinage.

Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:31

Recherche et développement

Nombreuses initiatives concernant la pierre sèche sont en cours dans le bassin méditerranéen en France et dans les pays voisins, aussi bien en Angleterre que dans le nord de l’Europe. La spécificité de la pierre sèche dans les régions sud, telles que les Cévennes, est bien sûr dans l’aménagement pharaonique du terrain en pente par le biais de terrasses, et les systèmes hydrauliques associés à ces aménagements.

 


Retour




Les informations suivantes viennent d’un document « La filière pierre sèche : Mission et méthodologie développée par la Chambre de Métiers de Vaucluse depuis 1999 ». Très complet, ce document écrit par Claire Cornu de la Chambre de Métiers illustre les dynamiques pour le développement de cette filière qui sont mises en place en France et le pourtour méditerranéen. Il présente une multiplicité d’actions, de partenariat et les dispositifs de financement mobilisés pour ces actions. Pour plus d'information: voir le siteweb de la CMA 84:

 
Mission de préfiguration d’un pôle pierre sèche :
La Chambre de Métiers de Vaucluse a été chargé de la mission de préfiguration d’un pôle pierre sèche au Beaucet, en partenariat avec l’APARE (association pour la participation et l’action régionale) financée par le FNADT[1], le Conseil Régional PACA et la commune du Beaucet. Cette mission s’est opérée selon trois axes de concertation :
-          Un Comité de pilotage s’est réuni en févier 2001, en mars 2002 puis en avril 2003 au Beaucet.
-          Une rencontre des muraillers (= artisan de l’art de bâtir la pierre à sec, c’est à dire sans mortier, sans liant) s’est déroulée en juin 2001 puis en juin 2002 à la Chambre de Métiers de Vaucluse, cette dernière réunissant des muraillers du Vaucluse, des Alpes de Haute Provence, des Cévennes, de Corse, d’Ardèche, du Gard, de Haute-Loire. La CAPEB[2] nationale était représentée : les métiers de la pierre et ceux de la maçonnerie.
-          Le bulletin d’information « reppis.net » : mai 2001, février 2002, septembre 2002, avril 2003 et décembre 2003. Il est diffusé, au niveau national, dans le réseau des Chambres de métiers, des syndicats du bâtiment, des médias spécialisées, des centres de formation initiale du bâtiment, mais aussi dans le secteur agricole, de la culture, du tourisme et de l’environnement, et de la formation professionnelle du bâtiment, plus des écoles d’ingénieurs, d’architectes et d’architectes paysagistes, ainsi que le monde associatifs et le réseau européen et international rencontré.
 
Echanges et contacts avec d’autres réseaux :
-          La Chambre de Métiers de Vaucluse a participé à un séminaire à Majorque , en octobre 2000, organisé par le Parc national des Cévennes, entre artisans cévenols et artisans mallorcains: débats sur le marché et sur la formation professionnelle, visites de chantiers écoles (public de jeunes en insertion) et de sites réhabilités pour un produit touristique ciblant la petite randonnée culturelle.
-          En octobre 2001, l’Office de l’environnement pour la Corse a invité La chambre de Métiers au séminaire final dePROTERRA en Balagne (Corse), programme européen sur un nouvel usage des terrasses de culture en pierre sèche : 12 sites de terrasses, 3 en Espagne, 1 en Italie, 2 en Grèce, 6 en France : Baronnies, Cévennes, Aubagne, Puget-Rostang, (06), Belgodère (20), Retournac (43).
-          A leur demande, en octobre 2001, La Chambre de Métiers a rencontré le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche. Ils terminait alors un programme européen sur « les paysages de terrasses : des millénaires d’innovation » (Grèce, Italie, Espagne, France) et sont très attentifs à nos travaux et surtout à notre volonté d’animation de réseau.
-          En mars 2002, l’Agence Paysages et le District d’aménagement du Val de Drôme ont convié La Chambre à l’inauguration de la reconquête du site de terrasses du vignoble de Brézème à Livron (26).
-          En janvier 2003, l’association Initiatives et Développement en Méditerrannée a associé La Chambre de Métiers à son programme du pourtour méditerranéen sur les filières innovantes et savoir-faire locaux : « Savoirs »  sur Euromed Héritage.
-          En mai 2003, La Chambre de Métiers est invité au Forum sur la pierre sèche au Printemps des artisans de Saint Quentin la poterie (30) organisé par la FFB du Gard (fédération française du bâtiment).
-          Depuis janvier 2004, un contact s’est établi avec l’ENITA (école nationale d’ingénieurs des travaux agricoles (63): section aménagement et développement rural.
-          En avril 2004, rapprochement avec le Groupe pierre du Pôle construction soutenu par la Région Languedoc-Roussillon et animé par le CPPM (centre de promotion de la pierre & de ses métiers).
 
Actions enclenchées sur l’enjeu économique professionnel:
Valoriser un savoir-faire impose de développer le marché, et pour ce faire, il faut démontrer que la technique est fiable et optimiser le dimensionnement des murs pour en réduire les coûts du à l’application du principe de précaution. C’est pourquoi, La Chambre de Métiers du Vaucluse s’est rapproché du Laboratoire LGM-DGCB de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE) de Lyon et du SETRA (service d’études techniques des routes et autoroutes du Ministère de l’Equipement), délégué par l’AFNOR (Agence française de normalisation). Les ingénieurs collaborent avec les artisans et de cette collaboration est née le dialogue et l’échange qui les a conduit à bâtir des murs tests en calcaire au Beaucet (84) en 2001, en schiste à Saint Germain de Calberte (48) en 2003 et en granite, schiste et calcaire au Pont de Montvert en octobre 2007 et avril 2008, destinés à être écroulés pour valider des calculs préalablement établis en laboratoire.
 
Le succès de la thèse de doctorat « étude des murs de soutènement en maçonnerie de pierre sèche » soutenue par Boris VILLEMUS le 9 mars 2004 représente la porte d’entrée dans le monde des ingénieurs. La Chambre de Métiers de Vaucluse va maintenant vulgariser cette thèse en guide technique de recommandations. Ce travail est indispensable pour, non seulement crédibiliser la technique, mais pour qu’enfin elle fasse l’objet de commande publique et ainsi permettre à ce patrimoine d’être entretenu, restauré, valorisé. Et ainsi, les muraillers obtiendront la garantie auprès de leur assureur, indispensable pour l’accès à ces nouveaux marchés publics.
Anne-Sophie Colas, doctorant à l'ENTPE sous l'égide de Jean-Claude Morel, continue acuellement les recherches sur la pierre sèche en 2006, 2007 et 2008.
Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:27
Bories, cabanons, cadoles, cabornes, capitelles, chibottes, caselles, orris, gariottes, tonnes, loges, les appellations ne manquent pas pour désigner ces éléments du petit patrimoine rural que sont les cabanes en pierre sèche.

Ces édifices rudimentaires, circulaires, parfois longitudinaux ou carrés, sont construits uniquement avec des pierres sèches trouvées sur place, sans charpente ni mortier de liaison, y compris pour leur voûte à encorbellement ou à claveaux... Ce qui suppose une excellente connaissance du terrain et des propriétés des matériaux locaux, mais aussi beaucoup d’habileté et d’expérience pour assembler les pierres.

Ces édifices étaient utilisés comme un abri occasionnel pour les hommes (cultivateur, vigneron, bûcheron, berger, chasseur...), parfois les petits animaux, ou pour stocker les récoltes ou le petit matériel agricole. Selon André Châtelain, « les cabanes de pierres sèches encore debout sont, dans l’ensemble, attribuées par des méthodes fiables, à la période XVII°-XIX° siècle, où la croissance démographique des campagnes entraîna une recrudescence des défrichements ».

Aujourd’hui, les cabanes en pierres sèches sont le plus souvent abandonnées, parfois en ruine, envahies par les ronces et dissimulées sous un manteau de feuillus...


A noter : Christian Lassure et Dominique Repérant précisent dans leur superbe ouvrage que ces cabanes apparaissent parfois sur les compoix ou les plans cadastraux, ce qui permet de les dater. Enfin, ils soulignent que ces édifices ont parfois servi d’abri aux religionnaires protestants lors des assemblées du Désert, ainsi que l’attestent les rapports et jugements des XVIIe et XVIIIe siècles.
Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:21
LIEN VERS MON BLOG

equipesmgs@canalblog.com

Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:09





Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:05



LAC DE CONSTANCE


neuschwanstein
Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 11:58



CARNOUSTIE




ST ANDREW



GOLF DE ST ANDREW
Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 11:50














Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 11:47
















































Repost 0
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 11:38


























Mon chêne prefere




















































MASSIF DES BAUGES
Repost 0

Présentation

  • : humeurs et passions
  •   humeurs et passions
  • : coups de coeur, coups de gueule, coups de blues
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Catégories