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ANZY LE DUC
NEVERS (3),

Bien que de dimensions modestes, la priorale d’Anzy-le-Duc d’un calcaire qui semble doré est parmi les plus merveilleuses églises romanes de la Bourgogne. L’édifice dont le haut clocher octogonal domine le petit village et le paysage paisible du Brionnais est l’une des haltes majeures sur la route des églises romanes de cette région très intéressante. L’église était celle d’un prieuré bénédictin dont les origines remontent au 9e siècle, dépendant de l’abbaye Saint-Martin-d’Autun. De cette époque
lointaine subsiste une crypte intéressante du 10e ou début du 11e siècle sous le choeur. La priorale qui a été construite en plusieurs étapes pendant le 11e siècle a survécu les ravages et incendies qui ont subi le prieuré aux 14e, 16e et 17e siècles. Elle est exceptionelle par son architecture très originale ainsi que par ses sculptures d’une grande abondance. Les parties les plus anciennes sont le choeur et le transept du deuxième quart du 11e siècle, avec un plan très intéressant dit bénédictin: une abside centrale prolongée par une absidiole et entourée par quatre chapelles échelonnées s’ouvrant sur le transept et la travée du choeur. Cela forme un ensemble très harmonieux qui existait aussi non loin d’Anzy à l’ancienne abbatiale de Charlieu. La nef de l’église se compose de cinq travées flanquées de bas-côtés et peut être datée de la fin du 11e siècle. Elle est très remarquable par son élévation: c’est la plus ancienne des nefs à deux étages entièrement voûtées d’arêtes en Bourgogne, modèle qui sera re
pris dans les environs au courant du 12e siècle, et plus loin, à la grande abbatiale de Vézelay et aux alentours d’Avallon. L’ensemble très harmonieux est completé par un magnifique clocher à trois étages octogonals décorés de baies géminées et de bandes lombardes surmontant la coupole du transept. C’est ensuite par les sculptures de premier importance que le visiteur sera enchanté. Les 40 chapiteaux de la nef forment un des plus anciennes ensembles de la Bourgogne datant du 11e siècle et montrant des scènes historiés admirables, des animaux fantastiques et des feuillages d’un bel effet. Les chapiteaux du choeur sont plus archaiques avec leurs lions et aigles. On remarque d’autres sculptures romanes aux modillons de la nef et aux bases des piliers. Mais c’est surtout par les portails que la sculpture d’Anzy est célèbre: trois portails du prieuré sont conservés dont deux sont encore en place actuellement. D’abord le portail ouest de l’église, des environs de l’an 1100, où le tympan montre un Christ en majesté entre deux anges entouré par les apôtres du linteau et par les Vieillards des chapiteaux et des voussures qui sont pro