Bories, cabanons, cadoles, cabornes, capitelles, chibottes, caselles, orris, gariottes, tonnes, loges, les appellations ne manquent pas pour désigner ces éléments du petit patrimoine rural que sont
les cabanes en pierre sèche.
Ces édifices rudimentaires, circulaires, parfois longitudinaux ou carrés, sont construits uniquement avec des pierres sèches trouvées sur place, sans charpente ni mortier de liaison, y compris pour
leur voûte à encorbellement ou à claveaux... Ce qui suppose une excellente connaissance du terrain et des propriétés des matériaux locaux, mais aussi beaucoup d’habileté et d’expérience pour
assembler les pierres.
Ces édifices étaient utilisés comme un abri occasionnel pour les hommes (cultivateur, vigneron, bûcheron, berger, chasseur...), parfois les petits animaux, ou pour stocker les récoltes ou le
petit matériel agricole. Selon André Châtelain, « les cabanes de pierres sèches encore debout sont, dans l’ensemble, attribuées par des méthodes fiables, à la période XVII°-XIX° siècle, où
la croissance démographique des campagnes entraîna une recrudescence des défrichements ».
Aujourd’hui, les cabanes en pierres sèches sont le plus souvent abandonnées, parfois en ruine, envahies par les ronces et dissimulées sous un manteau de feuillus...
A noter : Christian Lassure et Dominique Repérant précisent dans leur superbe ouvrage que ces cabanes apparaissent parfois sur les compoix ou les plans
cadastraux, ce qui permet de les dater. Enfin, ils soulignent que ces édifices ont parfois servi d’abri aux religionnaires protestants lors des assemblées du Désert, ainsi que l’attestent les
rapports et jugements des XVII
e et XVIII
e siècles.