Elle dérive des
cogues qui servaient au commerce et la guerre, en
Mer du Nord et dans la
mer Baltique, en particulier dans les
flottes de la
Hanse, depuis le
XIe siècle environ. Lors des
croisades (XIe et XIIe siècle), certains cogues durent traverser la
Méditerranée, et durent s'adapter par l'apport d'éléments traditionnels. Elles mesuraient alors trente mètres de longueur, huit
mètres de largeur, portaient deux mâts et un total de six voiles. De la construction navale de cette région bouleversa l'architecture des
cogues, donnant naissance à la caraque. Un des changement les plus importants, fut l'apparition de
mâts supplémentaires. On passa d'abord à deux, puis trois et enfin quatre mâts, celui arrière, dit d'artimon étant gréé avec une voile latine, qui
était adaptée à la navigation dans cette mer resserrée, où l'on était souvent obligé de remonter au vent. Du cogue, elle gardait les voiles carrées, très efficaces en vent arrière et une
robuste construction issue de son lointain ancêtre le
drakkar viking : une coque arrondie, dont le
bordage était fait
à clin , c’est-à-dire que les planches se recouvraient partiellement pour se renforcer. L'augmentation du nombre de mâts et donc de la surface de voilure, permit une augmentation de la
taille, et on atteint à la fin du
XIVe siècle des bateaux jaugeant pour certains, mille
tonneaux. Comme le cogue, elles servaient de façon assez indifférenciée, au commerce ou à la guerre, pour cette dernière activité,
elles étaient donc pourvues de deux tours construites en bois directement sur le
pont qui permettait comme
leur équivalent terrestre de surplomber l'adversaire, donnant l'avantage de la hauteur en particulier aux
archers. Ces tours
devinrent rapidement de plus en plus hautes, pour conserver cet avantage, nuisant alors grandement à la stabilité du navire en l'alourdissant dans les hauts. Ce défaut fit qu'après
l'apparition du
galion au
XVIe siècle, qui était beaucoup plus maniable, elle se spécialisa dans le transport et abandonna
progressivement les activités guerrières. C'est cependant, sur ces navires qu'intervinrent les innovations qui allaient révolutionner la guerre sur mer, comme l'usage de l'
artillerie et le
sabord qui lui est associé, et
ils représentèrent une bonne partie des flottes de guerre du
XVIe siècle, au delà du milieu du siècle. Les dernières caraques construites adoptèrent le bordage, dit à
franc-bord, où les planches étaient jointives, mais renforcées de l'intérieur par les
membrures. La
flûte, plus adaptée pour le port de charge, finit par la supplanter pour le commerce au
XVIIe siècle.