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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 17:13
BALVAY (1), CHAMBARD (3), DUBIEF (4), DUBOIS (3), DUTTER (1), FORET (4), GIROUX (1), LAMUR (1), LEBUIS (1), MAILLET (6), POIZARD (2), RATERY (1), SIRE (1),

  • XVIIe siècle : le domaine est érigé en fief, sans doute pour François Barjot, avocat au Parlement de Paris
  • 1712 : le fils du précédent, Jacques-Marie Barjot, hérite de la propriété
  • 1750 : Jacques-Marie Barjot, alors maire de Mâcon, y fait bâtir un château
  • seconde moitié du XVIIIe siècle : Brice Barjot, successeur du précédent, réside plutôt à Paris
  • 1811 : Brice-Alexis Barjot, qui avait réussi à conserver la demeure intacte durant la période révolutionnaire, la vend à son gendre, Pierre-Marie Chappuis de Maubou
  • 1822 : le précédent revend de domaine au baron des Tournelles
  • 1845 : le baron fait des transformations sur la façade est
  • 1901 : acquisition par M. de Boisset-Clavière
  • 1648 : Philippe Moisson, propriétaire engagiste de la terre démembrée de la châtellenie de Prissé, fait bâtir un pavillon et fonde une chapelle
  • seconde moitié du XVIIe siècle : le domaine passe à la famille Albert
  • 1706 : Pierre Albert obtient l'autorisation d'éloigner de ses bâtiments le chemin qui les longe
  • 1710 : Françoise Albert, veuve de Jean-Baptiste de Lamartine, hérite de la propriété
  • XVIIIe siècle : les Lamartine transforment la demeure et la dotent d'un salon de verdure
  • 1834 : le domaine parvient entre les mains du poète Alphonse de Lamartine à la suite d'un legs de sa tante Anne-Charlotte ; il va l'agrandir ; ayant enterré sa fille Julia à Saint-Point, le poète, ne supportant plus d’habiter ce château, s’installe à Monceau ; il y fera de longs séjours, recevant ses collègues du Conseil Général ainsi que George Sand, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, Eugène Sue; dans sa Solitude[1], un petit pavillon au milieu des vignes qui existe encore, il rédige Le Voyage en Orient et travaille à l’Histoire des Girondins et à Jocelyn
  • 1869 : après le décès du poète, son héritière vend le bien à la famille Virey, de Mâcon, pour pouvoir acquitter les dettes de la succession
  • époque moderne : propriété de la fondation Ozanam (maison de retraite)

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 16:58
COEUR (1),

La commune d'Ozenay se compose du bourg et de sept hameaux. Gratay est le plus important. Viennent ensuite Corcelles et Chavy, Messey, la Montagnone – où ont été construites la mairie et l'école au milieu du XIXe siècle –, Outry et le Moulin-le-Coq.

L'église romane Saint-Gervais et Saint-Protais, élevée au XIIe siècle, le château d'Ozenay (XIIIe-XVIIe siècles) et le château de Messey (XVIe siècle) sont les trois principaux monuments du patrimoine architectural d'Ozenay.

La « Table des huit hameaux » (stèle de pierre) a été inaugurée en l'an 2000 par tous les habitants de la commune d'Ozenay pour marquer l'entrée dans le nouveau millénaire.

Le célèbre pionnier de l'aviation Gabriel Voisin, également constructeur d'automobiles, né le 5 février 1880 à Belleville, a vécu la fin de sa vie dans le moulin d'Ozenay jusqu'à sa mort le 25 décembre 1973, à l’âge de 94 ans. Gabriel Voisin repose au cimetière du Villars, près de Tournus.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 22:04
MUREL (1),

  • Au hameau de Mercey : chapelle templière du XIIIe siècle, vestige d'une commanderie. Elle comporte « trois travées de nef épaulées par des contreforts, chevet plat et structures d'ogives, comme à Islands. Mais, tapissant les parois intérieures du vaisseau [devenu simple remise], court une galerie de figures peintes de saints et de saintes, (...) inexplicablement inachevées et marquées encore de leurs lignes de construction. (...) L'imagination rêve ...» une série de peintures murales dont l'exécution pourrait avoir été interrompue au moment de la suppression de cet Ordre par Philippe-le-Bel. Pour le moment rien n'infirme ni ne confirme cette supposition. [2]

  • Château de Buffières
  • XIIe siècle : un premier château, siège d'une des quatre anciennes baronnies du Mâconnais, est tenu par la maison de Montbellet.
  • Fin XIIIe siècle : le château est rasé sur décision du Parlement de Paris suite aux exactions d'Alard de la Tour, son propriétaire, à l'égard de ses vassaux et des voyageurs traversant ses bois.
  • XVe siècle : le château est rebâti au hameau de Buffières, peut-être par un Montbellet ou par Louis de Montregnard, seigneur du lieu par son mariage avec Jeanne de Chandié, baronne de Montbellet.
  • XVIe siècle : le fief est acquis par la famille Maugiron.
  • 1685 : le domaine est vendu à des fermiers par la famille de Maugiron, pourvue de multiples fiefs.
  • XVIIIe siècle : la baronnie est acquise par Jean-Baptiste Giraud, issu d'une famille lyonnaise, dont la famille conservera la propriété durant près de deux siècles.
  • Fin XIXe siècle : dernier représentant de la famille Giraud à posséder le domaine.
  • XVe siècle : le château, cité pour la première fois et qui relève de la baronnie de Montbellet, appartient à la famille de Saint-André
  • à partir du XVIe siècle :
    • le domaine échoit à François Bureteau, échevin de Tournus
    • par mariage, la propriété passe à Pierre Chesnard, grenetier au grenier à sel de Mâcon
    • la petite-fille du précédent porte le domaine à Émilian Noly, trésorier des États du Mâconnais
  • 1808 : la famille Noly vend le bien à Charles-Étienne Legrand

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:50

PRIMALOT (1),
 

  • Le hameau de Zublé (Les Ublaies) possède un lavoir construit en 1865[5].
  • Un menhir de grès de 2,45 mètres, présentant des inscriptions dont certaines datent de la période post-magdalénienne[6] (bœuf, idole chevelue).
  • Église romane Saint-Denis de Massy du XIe siècle. Elle fut construite sur l'emplacement d'une église encore plus ancienne dédiée à saint Martin

     

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 19:20

CHARMOND (4), GRANDJEAN (5), LENOIR (2), REVILLON (2),


À 14 km de la ville de Mâcon, dernier village de la vallée de l'Arlois dans laquelle se côtoient de nombreux crus du Beaujolais, Saint-Amour, Saint-Veran , une vallée connue internationalement et fréquentée de nombreuses fois par François Mitterrand. Le village de Chasselas, à environ 400 mètres d'altitude et est bordé par la forêt et le vignoble. Un cadre typique du beaujolais, des maisons en pierres sèches apparentes, massives, lumineuses sous le soleil à toutes saisons. L'été trouvez la fraîcheur dans les forêts de pins et les sapinières , l'hiver dégustez les vins et la gastronomie chez les vignerons. Le village orienté vers le sud vous montrera à certains endroits un paysage éblouissant, la plaine de Bresse, le mont Blanc, les monts du Lyonnais.


e village de Chasselas prend ses racines il y a très longtemps. Le nom de Chasselas vient en effet du latin Caccelacum. Chasselas était un relais sur la route Lutèce Lugdunum, maintenant respectivement Paris Lyon ; on peut même encore distinguer sur une carte ou en lisant le paysage cette voie romaine dont on trouve les vestiges en forêt ou sur la commune voisine de Vergisson. Chasselas passa ensuite sous l'autorité du seigneur de Chasselas au Moyen Âge jusqu’à la Révolution. Chasselas connut un essor au XVIIe siècle grâce à son vin très apprécié à Versailles par Louis XIV et ses sujets. C'est l'histoire du Char à bœuf que l'on peut voir à l'entrée du village aujourd'hui. Ce char qui faisait les aller-retours entre Chasselas et Versailles.

Au XIXe siècle Chasselas connut un bouleversement avec la Révolution industrielle, jusqu'au village un train montait c'est l'essor des carrières de Chasselas qui ne sont pas connues mais beaucoup d'entre nous ont marché sur les pierres de ce village. Les carrières servirent à paver les rues de nombreuses villes de la moitié sud de la France et tout principalement de Lyon. Début XXe le village se vida de ses habitants.


  • patrimoine est remis en valeur pour le plus grand plaisir de nos yeux comme l'église du village du XIIe siècle , église romane rare avec son clocher au milieu du corps qui partage cette architecture avec l'abbaye de Cluny seulement. Cette église ou l'on voit aux quatre coins du clocher 4 têtes de loups en l'honneur de ces animaux qui étaient très nombreux au Moyen Âge…
  • Le château de Chasselas des XIVe et XVIIIe siècle trône aussi au milieu du village. Il s'articule autour d'une vaste cour d'honneur flanquée de trois tours en poivrières recouvertes de tuiles vernissées.Domaine viticole de 8 hectares: caveau de dégustation ouvert toute l'année, gîte de charme (11 places), salle de réception pour séminaires, mariages...
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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 18:36


VIRE

Le château de Châtillon est situé sur la commune de Viré en Saône-et-Loire, à flanc de pente.

Le château est un bâtiment rectangulaire, flanqué d'une tour carrée et d'une tourelle circulaire un peu plus élevées que lui et, sur la façade donnant sur la cour qui le sépare des communs, d'une tourelle d'escalier polygonale. Deux tours rondes – l'une renfermant un pigeonnier – s'élèvent de part et d'autre des communs.

Le château, propriété privée, ne se visite pas.

Historique [modifier]

  • Début XVIe siècle : constitution du fief de Châtillon par Pierre de Meaux, bourgeois de Mâcon, qui y aménage une demeure possédant tous les attributs seigneuriaux, notamment une tour-porche précédée d'un pont-levis.
  • Jusqu'en 1834 : le château est la propriété de la famille de Meaux.
  • XIXe siècle : époque supposée de la disparition de la tour-porche.
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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 18:25


VERZE

la frontière du Clunysois et du du Val Lamartinien, dans le magnifique paysage du vignoble mâconnais, la commune de Verzé est constituée d'un bourg et de nombreux hameaux reliés par des chemins de randonnée.
  • Activité économique : viticulture (AOC), cave coopérative, pépinières viticoles, pâturages, polyculture.
  • Site protégé dans l'ancienne carrière : empreintes de dinosaures, plantes rares.
  • Église romane (remaniée au XIXe siècle).
  • Chapelle Saint-Criat au hameau de Verchizeuil (XIe siècle).
  • Chapelle de la Dîme, au hameau des Tardys.
  • Château d'Escole (tour à mâchicoulis XIVe siècle).
  • Château au hameau de Vaux-Verzé.
  • Maisons mâconnaises.
Château d'Escole

u XVIIe siècle, le château consiste en une maison basse, colombier, prison et dépendances. Il est bâti sur une petite motte faite de main d'homme. Le colombier circulaire en occupe l'un des angles. Le logis, de plan rectangulaire, comprend, au rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble, éclairé par des oeils-de-boeuf, sous une haute toiture à croupes. La porte principale, qui donne accès au vestibule, est surmontée d'un fronton cintré.

Le château est une propriété privée et ne se visite pas.

Historique [modifier]

Le château change de nombreuses fois de main, le tout entrecoupé de périodes d'obscurité.

  • XIe siècle : première mention d'une seigneurie
  • 1366 : le fief échoit aux Chevrier
  • 1522 : propriété d'Hector de Primbois
  • 1531 : propriété d'Étienne Fustailler
  • 1560 : propriété de Charles Busseuil
  • 1620 : adjugé par décret à Abraham Vallier; le château est en très mauvais état
  • à partir de 1671 : le fils du précédent, Abraham-Thomas Vallier, entreprend la reconstruction du château
  • 1676 : Abraham-Thomas meurt, victime de la chute d'une pierre; la demeure ne sera pas achevée
  • 1791 : le domaine échoit à Brice Barjot de La Combe, également propriétaire du château de la Combe
  • 1809 : le fils du précédent, Pierre-Marie Chappuis de Maubou acquiert le bien

 

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 18:19
ALACOQUE (3), DELAROCHE (1), LAMYN (1),

VEROSVRES

La commune de Verosvres est constituée d'un bourg et de plusieurs hameaux, dont Hautecour, Les Essertines, Laveau ou Les Ducs. Elle se situe dans les monts du Charolais, entre la montagne de Suin, celle de Botey et le Col des Vaux (par lequel passe la ligne de partage des eaux entre les bassins du Rhône et de la Loire). Une petite rivière, la Semence, traverse la commune avant de se confondre, à Charolles, avec l’Arconce dont les eaux finissent par se jeter dans la Loire.

Château du Terreau

  • Cerné de fossés asséchés, la construction consiste en un corps de logis principal et deux ailes en retour d'équerre encadrant une cour. Couverts de toits à croupes, ces bâtiments comprennent un rez-de-chaussée, un étage percé de baies à linteau en arc segmentaire et un étage de comble éclairé par des lucarnes à pignon découvert. Celle qui se trouve au centre de la façade du corps principal donnant sur la cour d'honneur est inscrite entre deux pilastres supportant un fronton cintré et flanquée d'ailerons. La façade ouest est flanquée sur ses angles de deux tours rondes à base légèrement talutée, vestiges de l'ancienne forteresse. À la tour sud-ouest, est accolée une tourelle circulaire coiffée, comme elle, d'un toit conique. Une terrasse à balustrade, reliée au parc par un large pont de pierre, règne entre les deux tours.
  • Un pavillon du XIXe siècle, comprenant un sous-sol, deux étages carrés, un étage attique et un étage de comble sous un toit brisé est adossé à l'aile nord. Il est percé à l'est d'une haute porte-fenêtre en plein cintre donnant sur un balcon courbe à appui-corps en fer forgé.
  • L'ensemble est précédé, au centre d'une grille, d'un portail à piédroits en bossages surmontés de lions porteurs des armoiries des Thibaud de Noblet et des Saulx-Tavannes.

Le château, propriété privée, ne se visite pas.

Historique [modifier]

  • XIVe siècle : la terre est tenue par la famille de Lespinasse
  • 1461 : elle passe à Pierre Dubois d'Andelot
  • fin XVe siècle : le fief échoit à Pierre Le Roux
  • 1570 : le château est pillé
  • 1594 : une nouvelle tour est construite
  • début XVIIe siècle : les Thibaud de Noblet succèdent aux descendants de Pierre Le Roux; ils garderont la seigneurie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime
  • à partir de 1749 : Claude-René de Thibaud de Noblet, baron des Prés, qui possède également le château de Thorigné-en-Charnie, effectue des transformations
  • XIXe siècle : le château passe entre les mains de multiples propriétaires
  • milieu du XIXe siècle : Jean-François-Prosper de Villars, avocat à Mâcon, entreprend des travaux de restauration
  • fin XIXe siècle : le fils du précédent procède à une rénovation complète
  • début XXe siècle : M. Lucien Villars, auteur d'une monographie sur le Terreau, succède au précédent
  • XXe siècle : propriété de M. Robert

Armoiries [modifier]

  • Lespinasse : Écartelé, aux 1 et 4, d’or, au dauphin pâmé d’azur ; au 2, d’or, au gonfanon de gueules ; au 3, d’azur semé de fleurs de lys d’or, à la tour d’argent brochante. Sur le tout, fascé d’argent et de gueules de huit pièces
  • Thibaud de Noblet : Écartelé: aux 1 et 4, d'argent, au chevron d'azur, au chef du même (Thibaud); aux 2 et 3, d'azur, au sautoir alésé d'or (Noblet, marquis d'Anglure)

Le nom « Verosvres » (qui se prononce Vérôvre) serait peut-être « d'origine gauloise » et viendrait de « Verobriga, dont la décomposition donne vero, thème correspondant à « vrai, bon », et briga qui veut dire « forteresse », d'où la signification de « bonne forteresse »[1].

En 1920, le bourg de Verosvres formait « une agglomération de quatre-vingts maisons environ, dont une pour le bureau de la poste et du télégraphe ». La commune était alors desservie par une ligne de chemin de fer, désormais disparue, qui reliait Paray-le-Monial à Mâcon, et s'arrêtait à une station dénommée « Les Terreaux-Verosvres »[2].

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 18:17
BOUCHACOURT (1), DESREAUX (2), FORET (8), LUQUET (1), MOIROUD (2), PROTAT (2), ROLLET (1), SEIGNEURET (1),

VERGISSON

La Roche de Vergisson partage la même "histoire" géologique que la Roche de Solutré: massif corallien au Secondaire, soulèvement et basculement vert l'est au Tertiaire, puis érosions diverses.
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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 10:08
BOITIER (2), BONHOMME (1), MERCIER (1), RAVAT (1), RETHY (4), de LAVAL (1),

TOURNUS

Ancienne garnison romaine bâtie au bord de la Saône, Tournus devint un centre religieux important grâce à l'influence de l'abbaye Saint-Philibert, chef d'œuvre de l'art roman. Noble mérovingien, Filibert mourut et fut enseveli en 685 dans son monastère d'Héri (auj Noirmoutier), une île sur l'Atlantique au sud de l'embouchure de la Loire. Mais dès 799, cette île est victime d'attaques viking, et après diverses tentatives de résistance armée, il fut nécessaire, en 836, de quitter les lieux. Les Vikings s'en prenant aux reliques chrétiennes, il fut nécessaire d'exhumer et d'emporter le corps de Filibert, contenu dans un important sarcophage. Le lieu de repli était le monastère de Déas (désormais Saint-Philbert-de-Grand-Lieu en Loire-Atlantique).

Mais, en 858, les Normands revinrent attaquer Déas ; les moines s'enfuirent, emmenant avec eux les précieuses reliques de saint Philibert jusqu'à Tournus, où ils arrivèrent en 875. Certains revinrent, plus tard, réoccuper Déas, au XIe siècle, et attendirent le retour des reliques, restées alors en Bourgogne, jusqu'en 1937.

* Eglise abbatiale Saint-Philibert de Tournus [modifier]

L'abbatiale Saint-Philibert est l'un des plus grands monuments romans de France. Toutefois, elle ne constitue qu'un élément d'un ancien monastère bénédictin, dont d'autres parties sont également conservées : réfectoire, cellier, cloître, salle capitulaire...

Antérieurement à l'arrivée de moines de Noirmoutier en 875, porteurs des reliques de saint Filibert, existait à Tournus une communauté constituée autour des reliques de saint Valérien (martyr de Lyon mort dans la 2e moitié du IIe siècle). On en connaît très peu de chose, et aucun vestige matériel sauf un sarcophage, actuellement déposé dans la crypte. Le site ayant été peu fouillé, on ignore tout des édifices qui ont vraisemblablement occupé une partie de l'assiette de l'abbatiale actuelle entre la fin de l'Antiquité et la fin de la période carolingienne,soit un demi-millénaire.

description générale [modifier]

Monument complexe, l'abbatiale de Tournus est constituée d'une crypte, d'un rez-de chaussée comportant chœur à déambulatoire avec cinq chapelles rayonnantes, transept à chapelles orientées, nef à trois vaisseaux augmentée de deux chapelles au nord, avant-nef à trois vaisseaux également. Cette dernière comporte de plus un étage, à trois vaisseaux se superposant aux précédents. Il y a trois tours, dont deux sont du XIIe siècle, et la troisième plus ancienne encore. Toute l'église est couverte de tuiles creuses, sauf les deux tours du XIIe siècle, qui ont des flèches pyramidales couvertes en tuiles plates. La tuile creuse a régné sur Saint-Philibert dès sa construction. Il en va de même de la plupart des maisons de la ville ancienne de Tournus ; c'est là d'ailleurs que s'arrête, vers le nord, la zone rhodanienne où ce mode de couverture, à pente très faible, est utilisé. Au nord de la ville commencent les toits à forte pente couverts en tuile plate.

la crypte [modifier]

L'accès à la crypte se faisait primitivement par deux escaliers permettant un parcours processionnel à sens unique. Celui du sud ayant été muré, on n'accède plus actuellement que par celui s'enfonçant dans le sol du bras nord du transept. La crypte n'est pratiquement pas enterrée, car l'église est établie sur un terrain descendant vers la Saône. Cette crypte est composée de plusieurs espaces contigus et structurés pour la circulation liturgique ; c'est une des plus anciennes de ce genre.

Extérieurement, les murs de la crypte sont en petit moellon assemblé avec beaucoup de mortier. Ils renferment des pierres de réemploi et des assises en arête de poisson (opus spicatum). Des voûtes couvrent la totalité de l'espace de la crypte. A l'exception des chapelles, ces voûtes sont brutes de décoffrage. Le mortier a conservé l'empreinte du couchis de planchettes qui couvrait les moules. Les blocs de moyen appareil blanc que l'on observe dans beaucoup de parties du bâtiment (nef, avant-nef et tous les parements intérieurs de la crypte) pourraient être des remplois d'un état antérieur de l'abbatiale, état dont la crypte pourrait, par ailleurs, être elle-même un vestige.

Au milieu de la crypte se trouve une salle centrale à trois nefs voûtées de même hauteur, portées par deux files de cinq colonnes et les murs de pourtour. Ce voûtement supporte le choeur de l'église. A chaque extrémité, les paires de colonnes galbées sont des réemplois romains de provenance inconnue, retaillés à longueur. Les trois paires de colonnes centrales, cylindriques, en calcaire blanc, sont par contre médiévales. Cette salle est largement ouverte sur un déambulatoire, qui la circonscrit, par cinq portes et deux petites baies. A l'est, dans l'axe, se trouve une de ces cinq portes, de part et d'autre de laquelle sont deux petites absides évidées dans l'épaisseur du mur de pourtour et éclairées chacune par une petite baie.

A l'ouest de cette salle, empiétant sous la croisée du transept, se trouve un puits assez profond, qui se trouve donc sous la croisée du transept, c'est-à-dire au centre topologique de l'église.

Le déambulatoire inférieur est éclairé par quatre baies qui prennent jour entre les chapelles rayonnantes. Il donne accès, par trois ouvertures, à trois chapelles rayonnantes, à l'est. Ces chapelles sont de plan rectangulaire, à chevet plat, et voûtées en berceau. Elles sont éclairées chacune par une fenêtre axiale. La chapelle axiale renferme aujourd'hui le sarcophage attribué à Valérien, martyr du IIe siècle, dont les reliques ont été détruites par les Protestants au XVIe siècle. Ce sarcophage ne comporte aucune inscription ni décoration. Le couvercle manque. Dans les sections droites du déambulatoire se trouvent, au nord comme au sud, deux portes donnant accès à un couloir, parallèle au déambulatoire, reliant entre elles deux chapelles exiguës : celles situées à l'ouest sont au-dessous des chapelles orientées du transept. Les deux couloirs et ces quatre chapelles sont éclairés chacun par une petite baie. Au total il y a donc, au niveau de la crypte, 7 chapelles, toutes accessibles par le déambulatoire inférieur.

le choeur [modifier]

Le choeur reprend le plan de la crypte. Il y a donc également, autour du sanctuaire, un déambulatoire, autour duquel rayonnent cinq chapelles. Sauf le cul-de-four de l'abside et la coupole de croisée, tout ce niveau (transept, choeur, déambulatoire et chapelles) est voûté de berceaux plein cintre.

Les chapelles, superposées à celles de la crypte, sont donc également à chevet plat. La chapelle axiale, autrefois dédiée à Saint-Pourçain, est aujourd'hui la chapelle Saint-Philibert. Elle est fermée par de lourdes grilles, qui protégeaient jusqu'à récemment les reliques du saint patron. A la fin du XXe siècle, la tête trépanée de Saint Filibert a été volée ; nous espérons qu'elle sera un jour restituée à sa vénérable sépulture de Tournus. Depuis la dernière restauration de 2000, les reliques subsistant de Filibert ont retrouvé, dans le sanctuaire, la place qui a sans doute été la leur pendant une partie du moyen âge. Elles sont enfermées dans une châsse moderne.

A la gauche de la chapelle axiale est la Chapelle Saint-Joseph. A sa droite, la Chapelle du curé d'Ars, autrefois Chapelle Saint-Pierre. La petite Chapelle nord est aujourd'hui la Chapelle de l'Agonie. Sa correspondante, au sud, sert de sacristie.

Le déambulatoire supérieur est superposé à celui de la crypte ; partant du transept, il longe les deux travées droites du choeur, fait un demi-tour et retourne au transept. La paroi interne de sa partie courbe est formée d'un muret sur lequel se développe l'arcade du rond-point du choeur. La paroi externe comporte une autre banquette, interrompue par les entrées des chapelles rayonnantes, banquette sur laquelle se développe des colonnes plaquées à la muraille et portant une arcature. Ce dispositif d'arcatures encadre alternativement les baies et les ouvertures des chapelles. Cette partie est attribuée au début du XI siècle et les chapiteaux des supports sont d'un style corinthisant archaïque. Les chapiteaux du rond-point ont été pour leur part très restaurés au XIXe siècle.

Le sol du déambulatoire supérieur était recouvert d'une splendide mosaïque (fin du XIIe siècle) représentant les signes du zodiaque et les mois de l'année en alternance, symbolisés dans des médaillons circulaires. Ce somptueux revêtement du sol a été usé par la circumambulation des pèlerins autour des reliques. Il suit le parcours du soleil, les médaillons du printemps étant à l'est, ceux de l'été au sud, et indique donc le sens de circulation. Son état nécessita, assez tôt, des réparations, puis finalement elle disparut sous un dallage de pierre. Cette mosaïque fut découverte une première fois en 1722 lors de la réfection de ce dallage ; elle fut redécouverte une seconde fois en 2000 lors de travaux d'électricité. Elle est aujourd'hui mise en valeur et observable à partir d'une passerelle la surplombant. Seule une petite partie des motifs est conservée : quatre médaillons sur les 24 que devait constituer l'ensemble complet.

Le chœur reçoit l'éclairage direct grâce à un étage supérieur (1110-1120), surplombant le toit du déambulatoire et des chapelles. Cet étage est beaucoup plus travaillé, comportant des frises et corniches sculptées du début du XIIe siècle, fortement apparentées à la partie correspondante de l'église Saint-Martin d'Ainay à Lyon. Ce rehaussement du chœur a nécessité l'ajout, à l'extérieur, de grands et larges arcs de contrefortage le long des deux travées droites de chœur. Sur l'abside, on note aussi des contreforts-colonnes supportant une frise d'arceaux formant corniche.

A l'extérieur, les parties anciennes des murs, soit du sol jusqu'au haut du premier niveau du chœur, sont en maçonnerie grossière avec beaucoup de mortier et des assises d' opus spicatum. A l'inverse, la partie haute, du XIIe siècle, est en moyen appareil de pierre de taille blanc comportant un opus sectile rouge et blanc de carrés sur pointe apparenté aussi à l'église de Saint-Martin d'Ainay. A l'intérieur, la rénovation récente a rétabli le badigeon, interdisant la lecture des maçonneries sous-jacentes, mais une grande partie de celles-ci avaient été remplacées au XIXe siècle par l'architecte Questel.

le transept [modifier]

Les quatre sobres piles cruciformes de la croisée ne sont pas originales. Elles ont été presque entièrement reprises. Les demi-colonnes engagées montant jusqu'aux arcs ont parfois été coupées et reprises par des consoles, pour l'installation de grilles (XVIIe siècle) qui ont aujourd'hui disparu à leur tour. La croisée est coiffée d'une tour-lanterne. L'étage des baies est somptueusement orné d'une quantité de colonnettes en délit. Cet étage est surplombé par une coupole hémisphérique sur trompes qui clôt l'espace intérieur de l'église, tout en ménageant un oculus prévu pour hisser des cloches au-dessus.

La tour de croisée, du XIIe siècle, aujourd'hui désaffectée et inaccessible, a donc au moins été prévue comme clocher. Ses façades expriment le plein épanouissement de l'art roman. Ses trois étages ont été construits au cours de chantiers différents, au long du XIIe siècle. Les deux du haut, largement ouverts de trois baies par face, sont finement décorés de frises, chapiteaux etc comportant des motifs antiquisants : palmettes et surtout pilastres cannelés. Le répertoire formel est assez proche et contemporain de Cluny III. Le dernier étage introduit des jeux de bichromie rouge-blanc.

Les deux bras du transept sont fort différents l'un de l'autre.

Le bras nord du transept est séparé du bas-côté nord de la nef par un mur diaphragme percé d'une arcade modeste au rez-de-chaussée, surmontée d'un arc légèrement brisé à double rouleau, et de deux baies géminées en plein cintre au-dessus, le tout d'une sobriété totale, sans chapiteaux ni colonnettes, avec de simples impostes. Cette sobriété se prolonge sur le mur occidental. Un système différent règne du côté sud. La façade nord a été remplacée à l'époque gothique par une immense baie à remplages.

La chapelle orientée du bras nord du transept, chapelle de Saint Ardain, donne la liste et les dates d'abbatiat de tous les abbés de Tournus depuis 875 jusqu'à la dissolution du monastère.

Le bras sud du transept a été plusieurs fois modifié et constitue un casse-tête archéologique. Il est empâté dans des constructions adjacentes et possède des ouvertures, aujourd'hui murées, disposées d'une façon étrange. Il est séparé de la nef par un très haut arc à double rouleau reposant sur deux colonnes engagées à socles, bases et chapiteaux. Le socle de celle du sud porte une inscription sur deux faces : RENCO ME EECIT.

La chapelle orientée du bras sud du transept est dédiée au Sacré-Coeur.

la nef [modifier]

Le plan de la nef ressemble beaucoup à celui de la salle centrale de la crypte. La nef de l'abbatiale Saint-Philibert est une vaste salle haute, aérée et lumineuse. Elle est subdivisée en cinq travées dans le sens est-ouest, et en trois vaisseaux dans le sens nord-sud. Toutes les maçonneries verticales, autrefois enduites d'un mortier de chaux et badigeonnées ou peintes, ont été décapées au début du XXe siècle par l'architecte Ventre, et les pierres apparentes jointées. Bien qu'inauthentique, ce décapage, conservé encore aujourd'hui, permet à tout le moins une lecture archéologique des murailles.

La maçonnerie est surtout composée de petit moellon calcaire, avec, dans une partie des surfaces, des bandes horizontales de moyen appareil blanc ressemblant à celui de la crypte.

Le système structurel adopté, outre les murailles extérieures nord et sud, utilise des supports verticaux constitués de colonnes rondes libres ou de demi-colonnes engagées. Ces supports sont uniquement montés en petits moellons, et n'ont pour bases et chapiteaux que de modestes débords, simple en bas, double en haut, eux-mêmes réalisés en petite maçonnerie. Il n'y a aucun chapiteau, aucune partie de pierre de taille. Les trois nefs sont subdivisées entre elles par deux grandes arcades montant des piliers ronds. Les arcs qui composent ces arcades ne sont pas en plein cintre. Ils sont surhaussés à leur naissance tandis qu'ils sont légèrement déprimés au sommet. Leur courbure se rapproche de l'arc en chaînette. Le choix de ce profil d'arc est unique dans l'art roman. Ces deux grandes arcades portent les murs du vaisseau central, percés à chacune des cinq travées d'une baie en plein cintre qui procure beaucoup de lumière, tant pas sa dimension que par sa position très élevée.

Les murs extérieurs ont de très grandes baies, vraisemblablement élargies après coup, et qui éclairent abondamment les bas-côtés. Ces bas-côtés sont fort élevés et voûtés d'arêtes. Ces voûtes d'arêtes présentent également un cintre se rapprochant des grandes arcades.

Le vaisseau central est surélevé par des murs portés par les grandes arcades. Des impostes des piliers ronds montent en outre des demi-colonnes engagées dans ces murs. Ces demi-colonnes engagées ont des chapiteaux monolithiques de calcaire blanc, mais ceux-ci ne sont pas sculptés, à l'exception d'un seul. Des chapiteaux de ces demi-colonnes partent de grands arcs diaphragmes à double rouleau, en moyen appareil soigné et apparent, qui articulent les cinq travées de la nef. Du côté de l'avant-nef, le premier arc diaphragme est remplacé par un simple arc de décharge, alors que du côté du choeur le dernier arc diaphragme est identique aux précédents.

Les arcs diaphragmes portent des murs transversaux formant bahut pour cinq berceaux transversaux, lesquels couvrent le haut vaisseau. Les clés de ces berceaux plein cintre culminent à quelque 18 mètres. L'absence de poussées latérales a permis l'ouverture des baies hautes mentionnées plus haut, sans le concours de contreforts extérieurs ou de tirants. Ces cinq berceaux transversaux se contrebutent entre eux à leur ligne de contact, sauf ceux des extrémités qui poussent au vide et sont contrebutés par la partie sommitale de l'avant-nef à l'ouest, et par la tour-lanterne de l'autre côté. Ce système de voûtement singulier a procuré à lui seul une place éminente à l'abbatiale de Tournus dans l'histoire de l'architecture médiévale, car il est presque un cas unique, mais, réalisé avec virtuosité et précision, a démontré une très grande stabilité depuis sa construction. Ce système de voûtement nécessite une charpente, réduisant la forme complexe constituée par les extrados des berceaux en une simple bâtière. Il y a neuf fermes de charpente, deux entraits traversant la nef de part et d'autre de chaque mur bahut.

Le tracé régulateur de la nef est d'une grande simplicité. On a utilisé la toise de Besançon (185 cm). De centre à centre des colonnes rondes, chaque travée de la nef centrale fait 4 toises de large et 3 toises de long. Les bas-côtés ont des compartiments de plan carré, de 3 x 3 toises. La hauteur des colonnes rondes, du socle à l'imposte, est de 5 toises. Enfin, en comptant 8 toises au-dessous des clés des grands arcs diaphragmes, on arrive à quelques centimètres en-dessous du sol actuel, avec 1 % seulement d'écart entre le plus haut et le plus bas de ces arcs. Relevons enfin que les demi-colonnes qui portent ces arcs font une toise de hauteur, c'est-à-dire la hauteur d'un homme de grande taille.

Des énigmes subsistent dans la nef de Tournus. Les sutures de la nef avec l'avant-nef à l'ouest et avec le transept à l'est sont complexes. Elles s'expliquent notamment par le phasage des travaux : il a fallu constamment disposer d'une sanctuaire utilisable alors que d'autres parties étaient en chantier. Mais on retrouve ce même système de sutures asymétriques dans la salle centrale de la crypte. La nef est aujourd'hui un espace aéré, mais il faut se rappeler qu'elle a été autrefois encombrée notamment par deux escaliers droits très importants qui donnaient accès à l'étage de l'avant-nef. Leur reconstitution reste problématique, car les chapelles nord sont en théorie plus anciennes que la démolition de ces escaliers.

l'avant-nef [modifier]

L' avant-nef ou "narthex" est construite à l'ouest de la nef. C'est un bâtiment qui est à la fois moins large et légèrement plus haut que la nef.

A l'extérieur, on observe une maçonnerie de petit appareil ocre avec insertion de rangs de moyen appareil blanc, mais d'une manière relativement irrégulière. Les façades sont composées d'un jeu complexe de lésènes et de frises d'arceaux jouant avec les ouvertures. On observe des irrégularités inexplicables dans cette composition, et notamment dans la relation entre la composition murale et les baies. Seules les façades ouest et nord, donnant sur la place, peuvent être appréhendées dans leur ensemble. La façade sud est associée à deux locaux qui la flanquent, l'actuel vestibule et l'ancien chauffoir, aujourd'hui musée lapidaire.

L' élévation de l'avant-nef comporte un rez-de-chaussée, faisant actuellement fonction d'espace d'accueil, librement ouvert sur la nef et le sanctuaire. Au-dessus, une salle de même superficie, actuellement dénommée chapelle Saint-Michel. Surplombant cette chapelle aux angles sud-ouest et nord-ouest, deux tours, dont l'une, celle du nord, a été surélevée au XIIe siècle par l'adjonction d'un beffroi. La fonction primitive de ces deux salles est très mal connue et semble liée à la liturgie carolingienne, mais dans une version spécifique à Tournus.

Le rez-de-chaussée de l'avant-nef est une salle de plan rectangulaire subdivisée en trois vaisseaux de trois travées chacun. Cette salle est peu éclairée, et compte 7 portes dont deux sont aujourd'hui murées. La grande porte occidentale, au milieu de la façade, est une recomposition du XIXe siècle. Le sol est un dallage de pierre comportant beaucoup de dalles funéraires datant des XIIe au XVIIIe siècle. Quatre d'entre elles sont circulaires et deux ovales.

Les supports du voûtement de pierre sont, comme dans la nef, des colonnes rondes complétées de demi-colonnes engagées dans les murs. Tout est construit en petit moellon, y compris les arcs, où le choix de matériaux plats et calibrés de couleur rose semble vouloir imiter la brique. Les piliers n'ont pas de socle, plongeant directement dans l'actuel dallage de pierre, mais il semble bien que le sol primitif ait été nivelé au XVIIIe siècle par un remblai, à env 55-60 cm au-dessus du niveau primitif. Les socles seraient donc immergés dans le sol actuel, et l'impression faussée, la salle étant primitivement plus haute. Les piliers se terminent en haut par de simples impostes à double ressaut. Tous les arcs sont en plein cintre.

En raison de la présence d'un étage, toutes les voûtes culminent pratiquement à la même hauteur. Sur les bas-côtés règnent des berceaux transversaux alors que la nef centrale est voûtée d'arêtes. Le système de voûtement est donc inversé par rapport à la nef, décrite ci-dessus. Les contrebutements s'effectuent, sans contrefortage, simplement par la charge considérable pesant sur les murs extérieurs en raison de leur grande hauteur.

La suture avec la nef est énigmatique. Au centre se trouve une grande porte, construite entièrement en moyen appareil blanc, dont les vantaux de bois ont disparu, mais les gonds subsistent. Sur les côtés, deux passages largement ouverts ne conservent par contre pas de trace évidente d'un système de fermeture. A noter également que les piles engagées dans ce mur le traversent de part en part et font saillie au fond de la nef. Sur les voûtes subsistent des peintures, toutes postérieures à la construction.

Ce rez-de-chaussée est un pastiche, c'est-à-dire une copie, à l'échelle réduite (environ 1 : 5e), de la célèbre basilique de Maxence construite à Rome vers 310-320. La réplique est exacte en ce qui concerne la mesure et les proportions, tant en plan qu'en élévation, sauf en ce qui concerne la hauteur des bas-côtés, qui a dû être portée presque à celle du vaisseau central pour recevoir le sol de l'étage. Il y a par contre transposition complète en ce qui concerne les matériaux, puisque la basilique de Maxence est faite de béton parementé de brique et recouvert d'un immense opus sectile de marbre, tous matériaux remplacés à Tournus par la pierre calcaire enduite à la chaux et recouverte de badigeons. Le voûtement est également repris de la basilique de Maxence, ainsi que le contrebutement par des tours du côté ouest. Mainte fois copiée jusqu'à notre époque, la basilique de Maxence ne l'a jamais été aussi littéralement qu'à Tournus.

L' étage, dénommé chapelle Saint-Michel, surplombe la salle du rez-de-chaussée. Il est largement éclairé par une série de meurtrières à large ébrasement intérieur, puis, dans les murs du vaisseau central, par de grandes fenêtres en plein cintre. Le même système de piliers et demi-piliers ronds que dans la nef et dans la salle inférieure se retrouve ici, sauf aux quatre angles. Le vaisseau central, plus élevé qu'au rez-de-chaussée (12m35 contre 7m30), est voûté en berceau plein cintre, alors que les bas-côtés sont partiellement voûtés en demi-berceaux. La travée ouest, surplombée par les tours, n'est voûtée qu'au centre.

La façade est de la chapelle Saint-Michel est complexe. Au centre, une cloison de bois moderne donne accès à l'orgue. A son emplacement se trouvait autrefois une abside en encorbellement sur la nef, dont la console a été réutilisée pour appuyer le buffet d'orgue du XVIIe siècle et est totalement noyée par celui-ci. Cette abside est encadrée par un arc triomphal (dit "arc de Gerlannus") qui paraît rapporté, car il ne supporte rien, et qui comprend des éléments sculptés : deux colonnes avec bases et chapiteaux ainsi que, au-dessus, une plaque portant une inscription. De part et d'autre de cet arc s'ouvrent deux baies géminées en plein cintre avec colonnettes, permettant de voir dans la nef comme depuis une tribune. Aux angles de cette façade Est de la chapelle se trouvent les portes d'accès primitives. Pour rattraper autant que possible les bas-côtés de la nef, qui est plus large, les embrasures de ces portes rognent même dans l'extrémité des murs latéraux. Au dessus de l'arc triomphal se trouve une galerie de bois à double étage, avec des portes donnant accès à l'orgue et au comble de la nef.

En dépit de son aspect désaffecté et dépouillé, la chapelle Saint-Michel est construite de manière très savante. On y dénote un emploi raffiné des porte-à-faux : les quatre piliers ronds ne sont pas exactement superposés à ceux d'en-dessous, les voûtes s'appuient sur des corniches à modillons, et même l'arc de Gerlannus s'appuie partiellement sur les voûtes du rez-de-chaussée. Par ailleurs, le voûtement du haut vaisseau ne semble pas avoir été prévu au départ, puisqu'aucun contrefortage n'a été mis en place pour lutter contre le déversement de la voûte en berceau. Ce problème a été résolu par la pose de tirants en bois de chêne reliés à des ancres métalliques. Dans la travée ouest, le poids des tours remplace l'action des tirants. Bien que les demi-berceaux contrebutassent beaucoup trop bas les poussées obliques du berceau central et que de grandes baies eussent été hardiment ménagées dans les murs porteurs de la voûte en berceau, la construction de la chapelle s'est avérée, grâce notamment aux tirants, d'une extraordinaire stabilité jusqu'à aujourd'hui. Il n'y a aucune charpente : la couverture est posée à même les voûtes, sur les demi-berceaux des bas-côtés comme sur le berceau central. Sans relation architectonique avec la basilique de Maxence, la chapelle Saint-Michel peut par contre évoquer l' abbatiale de Noirmoutier, où se trouve le tombeau de Saint Filibert, qui y est décédé en 685.

En haut des deux tours se trouvaient deux salles hautes voûtées et très largement éclairées par pas moins de dix baies chacune (trois sur chaque grand côté et deux sur chaque autre). La voûte de la salle haute de la tour sud s'est écroulée suite aux exactions des Protestants en 1562. Elle reposait, comme celles de la chapelle Saint-Michel, sur une corniche en saillie, toujours visible. Ces salles hautes, accessibles par des escaliers de bois, peuvent-elles avoir été des chapelles dédiées aux archanges, comme celles de Cluny III ?

Au XIIe siècle, la tour nord a été surélevée par la construction du clocher rose. De plan carré, ce clocher, greffé sur une tour de plan oblong, se trouve, du côté est, en porte-à-faux. Un fragment de l'ancienne tour continue de couvrir l'espace restant. La couleur rose du clocher de façade provient du matériau utilisé pour ses façades, le "marbre" de Préty. Le premier étage est composé sur chaque face de deux baies géminées surmontées d'archivoltes et encadrées par des pilastres. L'étage sommital reprend le rythme ternaire du clocher du choeur. Richement orné de pilastres, modillons et colonnettes en délit, il comprend de plus des cariatides d'angle et deux statues-colonnes. Ces sculptures ont un canon très allongé, parce qu'elles sont appelées à être vues en forte contre-plongée. Les deux statues-colonnes formant meneau entre les baies représentent les deux saints honorés à Tournus. Les statues originales ont été déposées en raison de leur état, et on peut les admirer de près dans le chauffoir. Au nord, Saint Filibert est reconnaissable à son bâton abbatial, qu'il tient de la main droite. Le visage est austère et émacié, les yeux forés au trépan. Au sud se tient saint Valérien, reconnaissable à la palme du martyre. Le visage de Valérien paraît emprunter à celui de la célèbre statue équestre en bronze de Marc-Aurèle, qu'on croyait au moyen âge être celle de Constantin, et qui était, à cette époque, conservée à l'intérieur de la basilique Sainte-Marie-Majeure. A noter que les deux saints sont représentés côte à côte et sur un pied d'égalité. Saint Filibert est logiquement placé au nord alors que Valérien, venu de Lyon, est au sud. A noter aussi l'absence iconographique de Saint Ardain, ancien abbé du monastère, constructeur au XIe siècle d'une partie de l'abbatiale.


Classé Monument Historique dès 1844, le bâtiment connut depuis d'incessantes campagnes de restauration : Questel (1845-1850), Ventre (1908-1915). Ce dernier eut l'idée absurde de faire disparaître les enduits qui protégeaient la totalité des surfaces et de supprimer également les derniers tirants (poutres) de bois qui, dans la nef, rigidifiaient les grandes arcades ainsi que les doubleaux des bas-côtés, depuis la construction.

 

  • L'Hôtel-Dieu et le musée Greuze de Tournus

La ville de Tournus compte un autre site important, d'un point de vue historique et architectural : son ancien hôpital, connu au cours des siècles précédents sous le nom d'Hôtel-Dieu. De nos jours, il est associé au musée, qui possède, notamment, une collection d'oeuvres de Jean-Baptiste Greuze, peintre né à Tournus le 21 août 1725.

Construit au XVIIe siècle et agrandi ensuite, l’Hôtel-Dieu de Tournus est classé Monument Historique. Il comporte trois vastes salles et deux chapelles, ainsi que l’une des plus anciennes apothicaireries conservées en France : elle date de 1685 environ et son décor est très ouvragé. Les boiseries à colonnettes torses et dorées ont été conçues pour y placer les pots en faïence des XVIIe et XVIIIe siècles, qui contenaient les remèdes préparés par les soeurs. Le plafond de bois peint représente des anges voletant, fleurs et plantes à la main.

Les collections du musée Greuze sont très diversifiées. Elles comportent des peintures, des dessins et des sculptures, mais aussi beaucoup de pièces archéologiques, les objets présentés permettant de comprendre l’histoire du Tournugeois, du paléolithique à la période mérovingienne. Le résultat des fouilles, opérées depuis plus de trente ans par Le Groupe de Recherche Archéologique du Tournugeois dans la ville et ses environs (outils de silex, céramiques et objets de bronze ou de fer), retrace l’évolution du peuplement de la région. Les périodes gallo-romaine et mérovingienne sont également représentées, notamment par plusieurs pièces rares, parmi lesquelles une trousse ophtalmologique du IIe siècle, trouvée dans la Saône, ou encore des plaques de ceinturon en fer damasquiné des VIe et VIIe siècles.

Deux espaces sont consacrés aux oeuvres de Greuze : ils présentent certains de ses tableaux, dont deux autoportraits de l’artiste, ainsi qu'une vingtaine de ses dessins, sanguines, lavis d’encre et gravures.

D'autres salles regroupent des peintures des écoles française, flamande et italienne du XVe au XXe siècle, ainsi que de nombreuses sculptures. L'art contemporain est également représenté.

Christelle Rochette, Clémence Poivet et Valérie Balthazard se sont succédé en tant que conservatrices de l'Hôtel-Dieu et du musée Greuze.

 

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